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Le rapport 2017 du Secours Catholique

Les plus pauvres sont toujours plus pauvres et victimes de préjugés

Le rapport 2017 du Secours Catholique : les plus pauvres sont toujours plus pauvres et victimes de préjugés
09/11/17 - Le dernier rapport statistique annuel sur l’état de la pauvreté en France, publié le 9 novembre 2017, repose sur l’analyse de plus de 85 000 situations distinctes parmi les 1 438 000 personnes - dont près de la moitié sont des enfants - rencontrées en 2016 par les 67 900 bénévoles de l’association. Un constat : la pauvreté ne recule pas. Les personnes rencontrées disposent en moyenne de 548 euros par mois, 3 euros de plus qu’en 2010 ! Celles qui ont un revenu – et 52 % des personnes accueillies sont actives – voient, elles, leurs ressources progresser, dans la même période, de 10 euros, bien moins que le renchérissement du coût de la vie. Enfin, près d’un ménage sur cinq (19 %) n’a aucune ressource, soit cinq points de plus qu’en 2010, dont 53 % d’étrangers. "On assiste donc à une stagnation sans amélioration, avec le risque d’une banalisation car tout semble indiquer que, depuis quatre ou cinq ans, on s’habitue à ces taux élevés d’une pauvreté qui touche par ailleurs maintenant près de 3 millions d’enfants", souligne la présidente de l’association depuis juin 2014, Véronique Fayet.
Dans ce rapport réalisé en partenariat avec la fondation Crédit coopératif, le Secours Catholique, avec le sociologue Serge Paugam, dénoncent les discours qui stigmatisent les personnes et familles en précarité. Des préjugés qui ont la vie dure comme : "Les pauvres font des enfants pour toucher les allocations familiales", "Les étrangers viennent profiter de la générosité du système social Français", "On est moins pauvre lorsqu’on vit à la campagne", "Si on cherche du travail, on trouve", ou encore "Le chômage est la principale cause de pauvreté". Face à ces préjugés qui circulent sur les personnes en précarité, l’association et le chercheur opposent la réalité vécue sur le terrain, chiffres à l’appui.
"Les enfants sont désormais majoritaires dans nos accueils", souligne le secrétaire général du Secours catholique Bernard Thibaud, qui signale une "précarisation croissante des familles". Selon lui, les préjugés envers les pauvres se sont aggravés au cours des deux dernières années, minant la cohésion sociale. "On dit qu’ils profitent du système mais ils sont nombreux à ne même pas connaître leurs droits", fait valoir le Secours catholique. Le non-recours parmi les ayants droit dans la population accueillie est aussi particulièrement élevé. Selon les calculs de l’association, il atteint 40 % pour le RSA socle en 2016, contre 38 % en 2015. Pour le RSA activité, qui est devenu en 2016 la prime d’activité, le non recours est estimé à 70 %, soit 4 points de plus qu’en 2015 avec le RSA activité.

Rapport 2017 du Fonds CMU sur l’aide au paiement d’une complémentaire santé
31/10/17 - Le Fonds CMU-C rend compte annuellement au gouvernement de l’évolution du prix et du contenu des contrats ayant ouvert droit à l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS). Le dispositif , créé en 2005, a été réformé le 1er juillet 2015. Le gouvernement a souhaité faciliter l’accès à l’ACS au plus grand nombre par un processus de mise en concurrence visant à offrir une plus grande lisibilité des offres de complémentaire santé et de meilleures garanties à des prix plus bas. Désormais, seuls les contrats sélectionnés par l’État pour leur bon rapport qualité-prix peuvent bénéficier de l’ACS sur la base de trois garanties type : un contrat A d’entrée de gamme, un contrat B de niveau intermédiaire, un contrat C, de niveau supérieur, rappelle le Fonds.
Alors que l’étude précédente dressait un premier bilan positif de la réforme, le rapport 2017 confirme ce constat après deux ans de mise en oeuvre. Il apporte aussi de nombreux éléments inédits sur les dépenses de santé des bénéficiaires et leurs restes à charge après intervention de l’assurance maladie obligatoire et complémentaire, qui constituent des enseignements précieux pour la préparation de la prochaine mise en concurrence des contrats ACS. Ainsi, le taux d’utilisation des chèques ACS, en moyenne de 77 %, augmente avec l’âge ; il atteint plus de 90 % pour les plus âgés. L’utilisation de l’aide pour souscrire un contrat est inégale sur le territoire. Pour la première fois, un taux d’utilisation de l’attestation est calculé par département ; ce taux varie de 47 % à 91 %. L’analyse des dépenses de santé des assurés montre que les bénéficiaires de l’ACS contribuent directement pour 6 % au financement de ces dépenses, la participation de l’assurance maladie obligatoire s’établissant à 60 % et celle de l’assurance complémentaire à 34 %. La participation de l’assuré reste toutefois importante pour les prothèses dentaires, l’optique et l’audioprothèse, avec un taux de recours à ces soins coûteux limité. Des restes à charge sont également observés pour les soins de ville courants (consultations médicales, etc.) même s’ils sont très faibles, suggérant que l’opposabilité des tarifs n’est pas toujours appliquée. Enfin, le Fonds CMU note chez les organismes complémentaires un équilibre technique fragile des contrats ACS, surtout pour le contrat C, le plus souscrit.
A souligner qu’un abattement de 15 % des montants maximaux de l’Aspa (allocation de solidarité aux personnes âgées), de l’AAH et de l’ASI (allocation supplémentaire d’invalidité) sur les revenus pris en compte pour l’éligibilité en matière de revenus à la CMU-C et à l’ACS a été introduit lors de l’examen en première lecture du PLFSS à l’Assemblée. Il vise à compenser l’effet potentiellement excluant qu’aurait pu avoir la revalorisation de ces allocations de solidarité pour les bénéficiaires quant aux conditions d’éligibilité requises pour le bénéfice de la CMU-C et de l’ACS, attribuées sous plafond de ressources.
Six mois après l’arrivée d’Emmanuel Macron et de son équipe au pouvoir, le ton change sur la question des équipements dentaires, optiques et auditifs dont l’objectif de 100 % de prise en charge pour 2022 était au programme initial. La ministre de la Santé, à travers une interview au magazine Viva, annonce une accélération du calendrier : la question devrait être réglée dans un an et non à la fin du quinquennat. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas d’organiser un reste à charge zéro pour toutes les lunettes, prothèses dentaires et auditives. L’idée est de créer un « panier de soins gratuit », que les mutuelles seront tenues de prendre en charge à 100 %. Des discussions ont déjà été entamées dans ce sens, assure le ministre.


Page mise à jour le 13 novembre 2017

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